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L’ordonnance irrégulière

Une ordonnance irrégulière, quelle que soit la cause de l'irrégularité, ne peut être exécutée en l'état.

Le contrôle du pharmacien sur la prescription constitue la plue value majeure de son rôle dans la dispensation des médicaments, par rapport à tout autre système de distribution au détail.
Le contrôle de la régularité ne se limite pas à la forme, mais s'étend également à l'examen du bien-fondé de la prescription. Il y'a obligation pour le pharmacien de déceler les erreurs lorsque le contexte de l'ordonnance le lui permet, sans pour autant que le pharmacien se substitue au médecin.
Le développement de l'opinion pharmaceutique permettra de démontrer que le pharmacien s'est correctement acquitté de sa tâche, de montrer la fréquence et la pertinence de ses interventions et de stimuler la coopération pharmaceutique entre prescripteur et pharmacien dans l'intérêt du patient.

Certaines situations méritent particulièrement notre attention :

Le médecin, à qui il revient d'évaluer le rapport bénéfice/risque, peut quelquefois prescrire de telles associations (contre-indications, interactions) en toute connaissance de cause. Il paraît alors souhaitable qu'il manifeste sa volonté d'une manière expresse sur l'ordonnance, par exemple en utilisant la formule : « je dis... » afin d'éviter au pharmacien de s'interroger sur la prescription.

Les accidents dans ce domaine seront reprochés au médecin et au pharmacien. Le rôle du pharmacien est d'autant plus essentiel qu'il possède parfois, sur les médicaments utilisés par le patient, des renseignements dont ne dispose pas le prescripteur (par ex. lorsque le malade a recours simultanément à plusieurs médecins).

Le contact avec le prescripteur

Si le pharmacien ne peut prendre l'initiative de substituer un médicament à un autre, il ne peut non plus, sauf urgence, pallier les lacunes de l'ordonnance. En particulier, si le prescripteur a omis de préciser le dosage d'une spécialité lorsqu'il en existe plusieurs, aucun texte ne dit de dispenser systématiquement le plus faible. Le pharmacien doit donc se mettre en relation avec le prescripteur, notamment pour que les conséquences de cette irrégularité ne soient pas préjudiciables au malade, quitte à prendre les mesures provisoires qui s'imposent s'il s'avère impossible de le joindre dans l'immédiat.

Remarque : L'absence sur l'ordonnance d'indications posologiques et de durée ou nombre d'unités de conditionnement, alors que la réglementation des substances vénéneuses les impose, justifie le refus de remboursement des médicaments concernés par la caisse de sécurité sociale. Les recommandations ordinales disposent que le pharmacien peut suppléer l'absence de posologie sur une ordonnance dans certains cas (153).

La conduite ultérieure

Rectification de l'ordonnance

Il est admis que le pharmacien puisse rectifier lui-même l'ordonnance, si le prescripteur l'y invite et à la condition de notifier clairement sur ce document la nature de la modification et l'accord du praticien.

L'appartenance de l'ordonnance à son bénéficiaire ne peut constituer un obstacle à ce que le pharmacien y porte des indications.

Il est cependant des rectifications auxquelles seul le prescripteur peut procéder : absence de signature, mentions indispensables à l'exécution (chevauchement, opposition au fractionnement lors de la dispensation de stupéfiants par ex.).

Refus d'exécution

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